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L'installation des radios rurales à été envisagée à la suite de la demande des femmes d'un petit village de l'Ouest du Niger, Bankilaré, à 240 kilomètres de Niamey, à proximité de Terra, département de Tillabéry. La radio nationale ne couvrant pas la localité et n'émettant que rarement dans les langues parlées à Bankilaré : le Songhaï, le Tamachek, le Peul et l'Arabe, ces femmes désiraient faire partie du monde, ne plus être isolées et être informées des évènements qui se déroulaient dans le pays et dans le monde, de la météo, mais aussi faire connaître à leur environnement proche (les villages alentour) les informations les concernant (marché, mariages, naissances, décès, etc.) c'est à dire la vie sociale du village.
Expérience de Bankilaré (département de Tillabéry)
Le village de Bankilaré est habité par des éleveurs et des cultivateurs. Quatre ethnies sont représentées : les Songhaïs, les Touaregs, les Peuls et les Arabes.
Ce village, de 2000 habitants, ne possède ni route, ni électricité, ni téléphone et l'habitat est précaire et sans eau courante. Un problème d'énergie s'est posé en premier lieu, mais aussi le choix du matériel (technologie) et enfin le mode de gestion de la station et du matériel.
Des habitants du village appartenant aux différentes ethnies mais aussi aux différents groupes d'âges et sexes (intégration des femmes) se réunirent et créèrent une Association. Celle-ci gérera la future radio rurale locale dont les programmes répondront aux besoins effectifs des populations et aux questions du développement économique et social. Les statuts furent déposés au Ministère l'Intérieur et la demande d'autorisation d'émettre au Ministère de la Communication.
Pendant ce temps, l'ACMAD (Centre Africain d'Application de la Météorologie au Développement), le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) et la SNV (Agence Hollandaise de Coopération) s'informent via Internet sur les différentes technologiques existant en matière d'énergie solaire, d'émetteur radio, mais aussi en matière de récepteur radio dont les charges récurrentes soient les plus légères possibles puisque la gestion sera assurée en totalité par l'Association. Les postes récepteurs seront distribués pour l'écoute collective aux différentes associations communautaires du village, les habitants n'ayant pas les moyens financiers de s'acheter des postes de radio ni de payer des piles.
Un fabricant canadien d'émetteur, Wantok Enterprises Ltd, (http://www.wantokent.com/), a proposé du matériel simple d'utilisation et de maintenance, peu coûteux et fonctionnant à l'énergie solaire, utilisé par les Inuits dans le Nord du Canada depuis plusieurs années sans problèmes particuliers. Il s'est déplacé, à Bankilaré, afin de résoudre des problèmes particuliers à la région sahélienne.

et solaire Wantok WorldSpace
D'autre part, toujours via Internet, un fabricant Sud Africain, Freeplay (http://www.freeplay.net/), de récepteur radio sans piles fonctionnant à manivelle ou au solaire fut contacté. Ces radios sont fabriquées par des handicapés.
Le coût du matériel :
- console d'émission, antenne, panneaux solaires, mât, .... 7 millions de francs CFA (70 000 francs français).
- construction d'un bâtiment d'exploitation : technologie sans bois 1,5 millions de francs CFA (15 000 francs français).
- distribution d'une centaine de récepteurs FM à énergie manuelle et solaire pour écoute collective : 2 millions de francs CFA (20 000 francs français).
Mise en place de la radio de Bankilaré
La première réunion de sensibilisation pour la création d'une association a eu lieu en septembre 1999.
L'obtention d'une autorisation provisoire d'émettre a été obtenue en octobre 1999.
En octobre 1999, les équipements sont donnés et mis en place par l'ACMAD, le PNUD et la SNV. Les émissions démarrent à partir d'un local prêté par la SNV.
En avril 2000, la radio est déménagée dans son local construit par l'association.
Les animateurs ont travaillé bénévolement durant 6 mois. Depuis, le mois de juin 2000 la station est en mesure de rémunérer les animateurs 7 500 francs CFA (75 francs français) par mois grâce à des ressources tirées notamment par des contributions faites par la population.
Composition de l'association
- un bureau exécutif de trois membres : un président, un secrétaire et un trésorier.
- un comité de gestion de sept membres.
- un comité de contrôle de sept membres qui veille sur la qualité des programmes diffusés.
- sur les 17 membres dirigeants de l'association, 6 sont des femmes.
- 7 animateurs dont trois femmes animent les émissions en Songhaï, en Tamachek et en Peul.
Les radio ouvertes durant l'année 2000.
Depuis mai 2000, sept radios ont été installées, suivant la procédure décrite ci-dessus, une par région. Sauf pour la région d'Agadez où deux sont installées. Il ne faut pas oublier que la démarche principale est la volonté des habitants de s'engager et d'être totalement responsables, sans interférence de qui que ce soit, de la gestion financières, du contenu et de la réalisation des programmes.
- La voix de "L'AZAWAK FM" à Tchintabaraden, département de Tahoua - 17 mai 2000
- La voix de "TARKA FM" à Belbéji, département de Zinder - 22 mai 2000
- la voix de "TADRAS FM" à Aderbi Sinat, région d'Agadez - 2 août 2000
- la voix de "TIN-TOUMA FM" à N'Gourti, département de Diffa - 18 août 2000
- la voix de "BERMOU FM" à Bermou, département de Maradi - 28 août 2000
- la voix de "ROUDOUNDOUM FM" à Douméga, département de Dosso - 3 septembre 2000
- la voix de "AWAL AWAL FM" à In-Gall, département d'Agadez - 18 septembre 2000
Une nouvelle association de jeune est en train de se monter à Goudel dans la banlieue de Niamey.
D'ici la fin de l'année 2000, il devrait y avoir une dizaine de nouvelles radios installées. L'objectif fin 2001 est de 160 radios rurales émettant dans le pays, soit 20 par région avec la participation financière de plusieurs bailleurs de fonds. Les radios rurales fonctionnent en réseau (RURANET), coordonné par un Comité de Pilotage des Radios de Proximité (CPRP), composé de représentants des opérateurs publics et privés de la société civile, des partenaires au développement et des administrations concernées.
Les ouvertures durant l'année 2001
En ce mois de septembre 2001, il y a 22 radios installées sur tout le pays dont une à l'Assemblée Nationale qui retransmet les débats des députés.
La radio des jeunes de Goudel, en banlieue de Niamey a ouvert et les membres de son association sont pleins d'énergie, de projets et d'ambition. Ils ont déjà réalisé déjà beaucoup de nouveautés. Ils traduisent sur cassettes des émissions, dont celles de l'Assemblée Nationale, dans les 10 langues nationales afin qu'elles soient envoyées à toutes les radios faisant partie du réseau des radios communautaires de proximités installées sur le territoire du Niger. Ils réalisent des émissions dans les 10 langues nationales sur "la culture de Paix" d'après les documents d'un séminaire auquel ont participé les civils et les militaires.
Que se passe-t-il en ce début d'année 2002 ?
Une nouvelle opération a commencé durant ce mois de février 2002. Un atelier de réparation et de montage pour les radios à manivelles et solaires Freeplay vient d'être ouvert dans les installations de la radio des jeunes de Goudel, à proximité de Niamey. C'est un atelier féminin composé de trois jeunes filles du village de Goudel et de trois jeunes filles sorties de prison qui participent à un programme de réinsertion dans la société.
Une formation a commencé ce lundi 11 février 2002 à la joie de toute la communauté.
L'avenir ?
Des stages de formation sont organisés pour les animateurs-producteurs d'émission, les gestionnaires, dans les différents sites où sont installées les diverses radios rurales.
Le but de ces radios est de produire des programmes en langues locales, de proximité et de développement, (santé, l'éducation, sécurité alimentaire, météorologie, techniques culturales, pratiques de micro-crédit, vie associative, etc.). Mais déjà la fondation World Space dépendant de la société américaine de même nom qui exploite les satellites Asistar et Afristar se propose de mettre à disposition du Niger, une unité montante (up-link) afin que les programmes soient diffusés et accessibles sur tout le pays ou à toute personne recevant les émissions des satellites et possédant une radio réceptrice numérique. En attendant la mise en place de l'unité montante, le Niger peut diffuser des programmes sélectionnés du réseau des radios rurales par le biais du canal éducatif de la Francophonie ou par le canal de World Space Learning Channel.
Grâce à ces installations satellitaires, de réception numériques et d'un ordinateur fonctionnant à l'énergie solaire, il a été réalisé, en juillet 2000, une première mondiale, l'envoi à partir de Washington (USA) et la réception à Bankilaré, de documents numériques (pages, cartes et photos de prévisions météorologiques) reçus dans une localité sans électricité ni téléphone.
L'espoir est de pouvoir transmettre des données à partir de Niamey, la capitale, à destination des endroits les plus reculés du Niger qui peuvent être inaccessibles lors de la saison des pluies mais très difficiles d'accès en temps ordinaire pour cause d'extrême éloignement, d'inexistence de réseau "routier". Autant de possibilité pour fournir, aux moindres coût, des informations sur une épidémie (méningite, rougeole, etc.), former des enseignants des écoles communautaires enclavées ou envoyer tout document scolaire, administratif, etc.

panneaux solaires pour l'alimentation Antenne de la Radio de Tchintabaraden
de la station de Doumega

Animatrice de la radio d'In-Gall "Awal Awal" Equipe d'animateurs de la Radio d'In-Gall
avec le matériel d'émission et un récepteur
numérique Word space

Radio d'Aderbi Sinat Batterie de stockage d'energie à
Aderbi sinat
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